(Je ne peux copier l'article entier, il est trop long, j'ai donc sélectionné quelques passages, voici le lien conduisant à ce très bon article pour tout lire : http://fr.wikipedia.org/wiki/Yakuza ) Le mot yakuza (やくざ ou ヤクザ, prononcé yakouza, yakuza ?) désigne le membre d'un groupe du crime organisé au Japon, ou par extension n'importe quel voyou japonais. Les yakuza sont représentés par quatre principaux syndicats, présents sur tout l'archipel, et possèdent également des ramifications dans la zone Pacifique, et même en Allemagne et aux États-Unis. Ils seraient plus de 84 700.
Dans la terminologie légale japonaise, les organisations de yakuza sont appelées Bōryokudan (暴力団), littéralement « groupe violent ». Les yakuza considèrent ce terme comme une insulte, car il s'applique à n'importe quel criminel violent. Dans la presse occidentale, on les identifie parfois à la « Mafia japonaise », par analogie avec d'autres groupes du crime organisé, comme la mafia sicilienne.
Étymologie du nom Bien que l’origine des organisations remonte probablement au XVe siècle, l’origine du mot « yakuza » est plus récente. Elle est tiré d'une combinaison perdante du jeu de cartes japonais appelé Oicho-Kabu, proche du Baccara, qui est traditionnellement joué avec des cartes de kabufuda et de Hanafuda. À la fin d'une partie, les valeurs des cartes sont additionnées et l'unité de la somme représente le score du joueur. Le but du jeu est de s'approcher le plus de 19.
« ya » vient de yattsu, qui signifie huit (peut également se dire hachi),
« ku » veut dire neuf (le mot kyu est aussi utilisé),
« za » est sans doute une déformation de « san » qui veut dire trois.
Ya-Ku-Sa est une somme de 8-9-3, soit 20 (donc le score est de 0) qui est une main perdante. Ce nom signifie donc « perdants ». Les Yakuzas sont à l'origine issus des plus pauvres, des exclus de la société.
* Une autre origine est parfois évoquée : Les policiers devaient entrer parfois dans des temples pour y débusquer des joueurs, mais non sans hésitation, car les sanctuaires shintoïstes sont sacrés. Sur une chaise, à l’entrée, un guetteur guettait. Le « rôle » (« yaku ») de la chaise (« za ») était donc d'être un rempart entre police et joueurs.
Les rituels et usages Pour être admis dans un clan, il faut faire ses preuves, la nationalité n'ayant aucune importance, il faut prouver son attachement aux traditions et à la famille.
La « voie chevaleresque »
Les yakuza suivent le gokudō (極道), la voie extrême. Mais ils ont également un certain "code d'honneur". En effet, l’intégration de Rônins au XVe siècle leur a apporté un certain nombres de règles, à l’image du Bushidô chez les Samouraïs. Cette ligne de conduite, le Ninkyôdô (la voie chevaleresque), contient 9 règles :
1. Tu n'offenseras pas les bons citoyens.
2. Tu ne prendras pas la femme du voisin
3. Tu ne voleras pas l'organisation
4. Tu ne te drogueras pas
5. Tu devras obéissance et respect à ton supérieur
6. Tu accepteras de mourir pour le père ou de faire de la prison pour lui
7. Tu ne devras parler du groupe à quiconque
8. En prison tu ne diras rien
9. Il n'est pas permis de tuer un katagari (personne ne faisant pas partie de la pègre)
La règle 9 n'est pas souvent appliquée, et peu de clans suivent encore cette éthique, et les traditions en général.
La cérémonie d'intronisation Comme dans la plupart des organisations de la pègre, les yakuza ont mis au point une cérémonie d'admission des nouvelles recrues, le Sakazuki. Ce rituel d'entrée a lieu après une sorte d'apprentissage qui dure environ 6 mois, et si l'apprenti s'est montré digne, il est intronisé dans la famille. Le rituel d'entrée est très cérémonieux : il s’agit d’une réception dont la date est fixée en accord avec le calendrier lunaire. Tous les participants sont vêtus de kimono, et placés suivant un ordre établi, dans le silence le plus complet. La cérémonie se passe dans une salle traditionnelle, où sont entreposés un autel shintoïste et une table basse avec des cadeaux. L'Oyabun et le futur membre sont agenouillés l'un à coté de l'autre en face de témoins (Azukarinin), et préparent du saké mélangé à du sel et des arêtes de poisson, puis ils versent le liquide dans des coupes. Celle de l'Oyabun est remplie entièrement, afin de respecter son statut. Le saké symbolise ici les liens du sang. Ils boivent ensuite une gorgée, s'échangent leurs coupes, et boivent à nouveau. Le nouveau Kobun scelle de cette manière son appartenance à la famille et à son Oyabun, il garde sa coupe (nommée Oyako Sakazuki), elle est le symbole de sa fidélité. Si un yakuza rend son Oyako Sakazuki à son chef, il rompt ses liens avec sa famille. Par la suite, l'Oyabun fait un discours rappelant les principes des yakuza, la fidélité et l'obéissance aveugle. Le rituel se clôt par la rupture du silence, où tous les participants crient en cœur « Omedetô Gozaimasu ».
Les premiers pas dans l'Organisation Suite à cette cérémonie, le nouvel arrivant est un yakuza à part entière, et doit aider la famille en trouvant du travail. Il s'appuie alors sur le territoire de la famille, de l'influence de son clan et de son expérience personnelle, ou il se fait aider par ses aînés qui l'emploieront. Son travail déprendra aussi de la spécialisation de sa famille. Une partie de ses bénéfices sera reversée à son supérieur, en fonction de son rang lequel reversera à son supérieur, et ainsi de suite. Il est courant que dans les premiers temps, les nouveaux membres sont exemptés de cette pratique,afin de ne pas pénaliser la croissance de leur affaire. Si par la suite, ils ont des difficultés à payer, la solidarité dans la famille jouera, et un autre membre pourra payer pour eux. Néanmoins si cette situation est récurrente, le membre est rétrogradé, et si au contraire il cotise beaucoup, il monte en grade. S'il gravit suffisamment les échelons, il sera autorisé à fonder son propre clan.
En cas de faute Certains Sentô interdisent ouvertement l'entrée aux yakuza, reconnaissables facilement par leur tatouage
Il existe une autre cérémonie, plus simple : la cérémonie de départ, ou de licenciement (« Yubitsume », 指詰め ). Si un yakuza enfreint le code d'honneur, il doit, pour se faire pardonner, se mutiler lui-même le petit doigt et l'offrir à l'Oyabun, et lui rendre la coupe de saké qu’il avait reçu lors du rituel d’entrée. S'il renouvelle sa faute, il doit recommencer la cérémonie avec les autres doigts. Cette punition, issue de la tradition des Bakuto, n’est pas rare, et peu de yakuza atteignent un âge avancé avec tous leurs doigts. Ils gardent le plus souvent leurs doigts mutilés dans le formol, pour se rappeler leur disgrâce. Si on s'ampute d'une phalange suite à une faute, on parle de shini-yubi (doigt mort). Mais on peut également utiliser ce rituel afin de mettre fin à un conflit, en donnant son doigt à l'autre clan. On parle alors de iki-yubi (doigt vivant). Néanmoins, cette pratique se raréfie, par souci de discrétion face aux autorités.
Si le yakuza commet une faute très grave, il peut aussi être exclut du clan, en recevant une lettre d'exclusion, nommée "Hamonjyo". Elle l'empêche d'intégrer une autre famille en l'informant de sa disgrâce. Ecrite en noir, elle symbolise une exclusion temporaire, en rouge, c'est une exclusion définitive.
Si la disgrâce est trop grande, le yakuza peut faire usage d'une autre forme de pénitence, plus radicale, le Seppuku (plus connu sous le nom de hara-kiri) suicide rituel par éventration. Populaire chez les samouraïs et soldats japonais qui le pratiquaient comme pénitence pour leurs fautes, les yakuza sont connus pour le pratiquer également, en cas de faute extrême.
La tradition du tatouage Le rituel le plus pratiqué au sein de la communauté reste le rituel du tatouage, plus connu sous le nom d'"irezumi" au Japon. Sa mise en place est très douloureuse, car elle se fait encore de manière traditionnelle, l'encre est insérée sous la peau à l'aide d'outils non électriques, des faisceaux d'aiguilles fixés sur un manche en bambou ou plus récemment en acier inoxydable (donc stérilisable), fabriqués à la main. Le procédé est onéreux et douloureux, et peut prendre des années pour être accompli dans son intégralité.
Les yakuza en sont presque tous recouverts, et chaque clan possède son tatouage particulier. Cette pratique est originaire des Bakuto, dont les membres se tatouaient un cercle noir autour de leurs bras à chaque crime commis. C’est aujourd’hui plus la résultante d’une volonté des clans de se différencier, et une preuve de courage et de fidélité envers leur « famille », car le procédé est irréversible. Certains tatouages sur l’intégralité du corps peuvent demander des mois, voir des années de travail.
_________________
